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NVDAXNGS:NVDANVIDIA Corporation

Nvidia explose et tout le monde s’en fout !

Hugo - IQ InvestHugo - IQ Invest
24 mai 20261642

Nvidia : et si le marché n'arrivait plus à valoriser cette boîte ?

Aujourd'hui, on parle de Nvidia — et il y a beaucoup à dire. J'ai l'impression que le marché n'arrive tout simplement plus à pricer cette entreprise, et qu'elle est vraiment peu chère au vu de sa croissance potentielle. On va revenir sur les derniers résultats, faire marcher notre boule de cristal sur les prochaines années, et je vous donnerai mon prix juste.

Pour info, je suis actionnaire de Nvidia avec un PRU de 176 $, achetée début 2025 puis renforcée au printemps.

Des résultats fous… que le marché ignore

Les derniers résultats sont fous, mais le cours ne bouge pas. Pourtant :

  • Croissance des revenus : +85 % en year over year.

  • Data center : +92 %.

  • Nouveau segment Edge Computing : +29 %.

Cette boîte enchaîne des croissances folles depuis cinq ans. La question qui se pose : jusqu'où peut-elle aller ? Personne n'arrive à conceptualiser une telle croissance, car c'est du jamais vu.

Sur les revenus, la courbe est totalement exponentielle : 43 % de CAGR sur 10 ans, avec une accélération marquée depuis 2023 (les exercices de Nvidia sont décalés). Le pic de croissance de 2023 correspond à la bascule entre « l'ancien » et le « nouveau » Nvidia, avec l'arrivée de l'IA.

Côté bénéfices, croissance vertigineuse également : 55 % de CAGR sur 10 ans pour les EPS. Sur le dernier trimestre, +211 % en year over year (de 0,77 $ à 2,4 $ par action). Le BPA en TTM (Trailing 12 Months, les 12 derniers mois glissants) atteint 6,56 $.

La refonte des segments

Nvidia a réorganisé ses segments. Le gaming (cartes graphiques PC), le professional visualization, l'automotive et l'OEM sont désormais regroupés dans Edge Computing. Il ne reste donc que deux segments :

  • Data Center : ~90 % des ventes, avec 88 % de croissance par an sur 10 ans.

  • Edge Computing : ~10 % des ventes, avec 16 % de croissance par an.

Même sans les data centers, Nvidia resterait une très belle boîte : 16 % de croissance annuelle, tout le monde ne sait pas faire ça.

Le networking, la nouvelle vache à lait

Le segment Data Center se divise lui-même en deux :

  • Compute : 60 milliards de ventes, +77 %. Ce sont les GPU, aujourd'hui sur l'architecture Blackwell — décrite comme l'adoption la plus rapide de l'histoire de Nvidia. La prochaine, Vera Rubin, est attendue pour la seconde moitié de 2026.

  • Networking : 14 milliards, mais +200 % (x4 sur un an). Monstrueux.

Le networking est issu du rachat de Mellanox en 2020. Il regroupe l'InfiniBand (réseau propriétaire ultra-rapide et à faible latence pour relier les GPU lors de l'entraînement des modèles IA), le Spectrum-X (solutions Ethernet optimisées pour les GPU) et les DPU BlueField (puces dédiées à la sécurité et au transfert de données).

La croissance de Nvidia ne repose donc pas que sur les GPU, mais sur un écosystème complet autour des data centers : matériel (GPU + networking) et logiciel (notamment CUDA).

Le risque pour Arista Networks

Ce networking crée un risque pour une autre de mes positions : Arista Networks, désormais concurrente sur l'Ethernet (routeurs et switchs pour data centers), notamment face à Spectrum-X. Différence fondamentale toutefois : Nvidia vend un écosystème fermé et intégré verticalement, un peu « à la Apple », tandis qu'Arista propose un écosystème ouvert, compatible avec tout le monde (partenariats avec AMD, Qualcomm…). J'ai les deux en portefeuille et les considère complémentaires : cas d'usage et marchés finaux ne sont pas exactement les mêmes.

La dernière solution data center de Nvidia, le DGX GB300, se présente sous forme de tours packageant de nombreux GPU avec le networking directement intégré — des clusters prêts à être déployés dans les data centers.

Des prévisions délirantes

Le management prévoit 91 milliards de revenus au Q2, contre 46 milliards un an plus tôt : on double encore. Et cela sans aucune vente en Chine : après que le gouvernement américain a longtemps empêché Nvidia d'y vendre, c'est désormais la Chine qui refuse d'acheter, misant sur Huawei en interne — alors même que Trump avait fait un pas en autorisant la fourniture de H200 (une génération plus ancienne).

Les prévisions de croissance du CA restent entre 18 et 28 % sur 5 ans (~25 % en moyenne), et ~20,7 % pour les EPS. Nvidia bat constamment les attentes des analystes depuis début 2023.

Un profil quantitatif magnifique

  • Marges : 74 % brute, ~65 % opérationnelle et nette, toutes en hausse (+10 %/an pour la marge nette sur 10 ans).

  • Retours sur capitaux (TTM) : ROE 112 %, ROS 75 %, ROIC 63 %.

  • Plus de cash que de dette (dette nette/EBITDA quasi nul, légèrement négatif).

  • Nvidia a même prévu de multiplier son dividende par 25 — elle ne sait plus quoi faire de son cash.

Une valorisation étonnamment raisonnable

On pourrait croire qu'avec de tels chiffres, Nvidia serait hors de prix. Ce n'est pas le cas :

  • Forward PE de ~22 sur les quatre prochains trimestres.

  • Médiane du PE sur 10 ans : 53.

  • PE TTM de 22, montant à 24 sur l'année fiscale 2027.

Mon prix juste ressort à ~254 $, calculé sur 25 % de croissance des free cash flows sur 5 ans et un multiple final de 30. Au cours actuel de ~215 $, cela représente un rendement estimé de ~15 % par an, avec une marge de sécurité de 15 %. Nvidia n'est donc pas chère — elle apparaît même quasi décotée par rapport à ses perspectives.

Mon interprétation : Nvidia fait des résultats tellement absurdes à chaque trimestre que le marché n'arrive pas à la pricer, et beaucoup ont peur d'y entrer — notamment à cause du narratif sur la soutenabilité du capex IA.

Conclusion

Je ne peux pas répondre à la question de savoir si Nvidia maintiendra cette croissance sur 5 ans, ni si le capex IA tiendra. Mais je peux dire que Nvidia figure aujourd'hui dans le top 3 des meilleurs achats de ma watchlist, avec Mastercard et Microsoft (suivies de Meta et Constellation Software).

Je détiens 3,33 % de mon portefeuille sur Nvidia et 3,97 % sur Arista Networks. Pour moi, le plus gros risque aujourd'hui, c'est de ne pas avoir de Nvidia : le potentiel d'upside est énorme et la boîte n'est pas décotée par rapport à la qualité et à la croissance de son business.

Attention toutefois, ce n'est pas un conseil en investissement : les risques demeurent, notamment la rentabilité de l'IA (pas encore au rendez-vous sur les marchés finaux) et un possible ralentissement du capex IA — même si personnellement je n'y crois pas.

Pour mes achats de juin, j'ai trois entreprises dans le viseur : Meta, Mastercard, Nvidia — ou un mix des trois.

Et vous, êtes-vous toujours bullish sur Nvidia ?


Ceci n'est pas un conseil en investissement. Faites vos propres recherches avant toute décision.

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Commentaires (2)

JJojo9 juillet 2026

Oui je suis boullish dessus, mais avec un PRU a 15,14$ la question ne ce pose pas forcément 😂😂

FFlèche-invest9 juillet 2026

Pour compléter ta thèse sur Nvidia, je voulais ajouter un angle qui me semble encore sous-estimé par le marché : la robotique. Leur plateforme de simulation, Isaac Sim sur Omniverse, permet d’entraîner des robots (surtout humanoïdes) dans des mondes virtuels ultra-réalistes avant de les déployer dans le monde physique. Pour moi, la robotique va être LA plus grosse révolution des années à venir. Elle ne vient pas seule : elle s’accompagne de l’IA, des data centers et de tout l’écosystème Nvidia. Aujourd’hui, des milliers de robots sont déjà déployés grâce à cette tech et des dizaines de milliers d’autres sont en précommande chez les partenaires. Nous ne sommes clairement pas prêts pour ce qui arrive… et je fais entièrement confiance à Jensen Huang pour mener cette transformation. Ça renforce encore ton point : le marché n’arrive tout simplement pas à pricer ce que Nvidia est en train de construire.

Dernière mise à jour : 9 juillet 2026