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Meta : mon Nouvel Achat pour Mai 2026 ?

Hugo - IQ InvestHugo - IQ Invest
8 avril 2026650


Meta : une décote intéressante malgré la peur du capex IA ?

Aujourd'hui, on parle de Meta, qui chute pas mal en bourse (573 $ à l'heure où j'écris). Je n'ai pas encore de position, mais il vaut le coup de se pencher sur son avantage compétitif et sa stratégie IA, assez particulière. D'autant que Bill Ackman — un super investor que je suis de près — a pris position au 4ᵉ trimestre 2025.

La chute n'est pas aussi profonde que celle de 2022 (liée au métavers), mais les niveaux d'entrée deviennent intéressants au vu de la croissance et du Forward PE. Ackman a d'ailleurs investi ~2 milliards de dollars, soit 11,4 % du portefeuille de Pershing Square — une position conséquente, signe d'une entrée très forte.

Le business model : vendeur de temps de cerveau

Meta est simple à comprendre : c'est un vendeur de publicité et de temps de cerveau. Elle développe des réseaux sociaux conçus pour vous rendre accro et vous faire y passer un maximum de temps, afin de vous montrer un maximum de publicités — payées par les annonceurs, qui représentent plus de 97 % des ventes.

Meta développe Facebook, Instagram, Messenger et WhatsApp. Le segment « autre » (moins de 3 % des ventes) regroupe les produits physiques : le Meta Quest (casques VR/AR) et les lunettes connectées Ray-Ban.

Le métavers, enfin derrière nous

Vous vous souvenez du fiasco du métavers : la lubie de Mark Zuckerberg de créer un espace numérique en 3D. Le développement a été largement abandonné, mais Meta garde les Quest et les lunettes Ray-Ban (qui ont bien mieux fonctionné que prévu). Cela reste anecdotique dans le chiffre d'affaires.

L'avantage compétitif : effet de réseau et coûts de changement

  • Effet de réseau : plus il y a d'utilisateurs, plus il y a de contenu créé, ce qui attire encore plus d'utilisateurs.

  • Coûts de changement : un créateur avec des milliers d'abonnés et des années de contenu ne part pas du jour au lendemain. Idem pour un particulier qui perdrait l'accès à ses conversations et groupes WhatsApp/Instagram.

Instagram est probablement la meilleure plateforme du groupe, avec plus de 3 milliards d'utilisateurs actifs mensuels et une croissance soutenue malgré TikTok.

Les concurrents

  • Réseaux sociaux : TikTok (ByteDance), le principal concurrent ; YouTube (Google, mais consommation différente) ; Snapchat et X, plus petits.

  • Publicité : Google Ads (concurrent principal), Amazon et TikTok Ads.

  • Messageries : Telegram, Signal, iMessage, WeChat (Tencent).

  • Indirectement, les plateformes de streaming (Netflix, Amazon Prime) qui se mettent à la publicité.

Sur l'inquiétude récurrente selon laquelle la Gen Z délaisserait Instagram pour TikTok : ce n'est pas vraiment vrai. Aux États-Unis, l'usage d'Instagram, Snapchat et TikTok chez la Gen Z est aujourd'hui quasi identique — les gens utilisent généralement les trois.

Une stratégie IA singulière

La stratégie IA de Meta se distingue :

  • Elle développe des modèles open source (Llama), populaires pour faire tourner des LLM en local (téléchargeable, gratuit).

  • Elle fabrique de plus en plus ses propres puces (MTIA 400 et 500) pour moins dépendre de Nvidia — comme Google, Amazon et Microsoft.

  • Elle prévoit que 75 % de son code interne soit généré par l'IA d'ici fin 2026.

Mais là où la stratégie paie vraiment, c'est qu'elle permet d'optimiser les algorithmes (recommandation de contenu Instagram, ciblage publicitaire, revenus par utilisateur) et d'automatiser des tâches internes (modération).

Sur le graphique du capex rapporté à l'operating cash flow, on voit deux pics : le métavers (2021, qui a fait chuter le titre) et l'IA (depuis 2023, avec les achats de puces Nvidia). Mais cela se répercute dans les chiffres : le revenu moyen par personne (Family Average Revenue per Person, sur la « Family of Apps ») est passé de 39 $ à 57 $, soit +12 % de CAGR. Autrement dit, les investissements IA paient : les utilisateurs rapportent davantage.

La thèse de Bill Ackman

Elle repose sur plusieurs points :

  • Une décote liée à la peur du capex : les dépenses IA ont effrayé le marché (comme pour Amazon et Microsoft), ramenant Meta à un PE de ~25 et un Forward PE de ~18, très faible historiquement. Ce n'est pas aussi profond que 2022, mais contrairement à l'époque, il n'y a aujourd'hui aucun problème interne.

  • L'IA au service du business : hausse des revenus par utilisateur et du ROAS (return on ad spend — le retour sur chaque dollar publicitaire). Si les annonceurs ont un meilleur retour, ils dépensent davantage.

  • Un pivot hors du métavers vers une IA concrète et utile.

  • Un bilan ultra-solide et ~3,5 milliards d'utilisateurs quotidiens (la moitié de l'humanité passe chaque jour par Meta).

Sur le PE, on est sur des plus-bas depuis avril 2025 (~25), loin du plancher de 8 atteint pendant la crise du métavers en 2022, mais proche de la zone de support des 20 sur 10 ans. Les niveaux deviennent attractifs.

Le skin in the game

Meta est, avec Nvidia, l'une des dernières Magnificent Seven encore dirigées par son fondateur : Mark Zuckerberg détient 13 % des parts et 54 % des droits de vote. C'est à double tranchant (on lui doit aussi la folie du métavers), mais je le vois comme positif : il a su pivoter vite, sans cramer trop d'argent, et a recentré la boîte sur la publicité. Sa stratégie IA génère des retours concrets — c'est l'une des boîtes qui met le mieux son IA au service de son propre business model.

Croissance future et catalyseurs

Le consensus table sur ~18 % de croissance par an des EPS et du chiffre d'affaires (marges stables). Cela paraît raisonnable, sachant que Meta a fait +27 % de croissance du CA et +33 % des EPS depuis 2016 — les prévisions sont donc divisées par deux.

Les catalyseurs : l'explosion des ventes via WhatsApp (IA conversationnelles redirigeant depuis les pubs Facebook/Instagram), l'amélioration de l'efficacité publicitaire (+12 à 15 %/an grâce à l'IA), le succès des Ray-Ban (10 à 13 millions d'unités prévues en 2026) et l'implantation croissante de Llama.

Ma valorisation

En étant conservateur (16 % de croissance des EPS, sous les 18 % anticipés, et un multiple final de 25 — standard pour les Mag 7, c'est aussi ce que j'ai pris pour Amazon), j'obtiens un prix juste de 725 $ contre ~570 $ actuels : un rendement estimé de 17 % et une marge de sécurité de 21 %. Même en poussant le conservatisme à un PE de 20, le prix juste ressort à 580 $ — toujours une marge de sécurité. Meta apparaît clairement sous-valorisée.

Ma conclusion et mes intentions

J'ai acheté Amazon début avril, ce qui la propulse dans mon top 5 (~7-8 % du portefeuille quality). Mais Meta apparaît aujourd'hui plus intéressante qu'Amazon (17 % de rendement estimé contre 14 %).

Je compte donc ouvrir une position sur Meta début mai si elle reste sur ces niveaux (ou mieux, si elle baisse). Mon portefeuille quality compte 14 lignes, ce qui me laisse la place d'ajouter Meta en restant sous 15. J'envisage aussi de clôturer ma petite position Adobe — non par crainte de l'IA, mais de la concurrence — et de réallouer vers Meta, ce qui ferait une entrée d'environ 2 000 €.

Et vous, avez-vous Meta en portefeuille ? Est-ce une bonne opportunité selon vous ?


Ceci n'est pas un conseil en investissement. Faites vos propres recherches avant toute décision.

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Dernière mise à jour : 9 juillet 2026