J'achete encore Ricard, car c' est encore pas cher...
Pernod Ricard vend de l’alcool, mais possède surtout des traditions locales difficilement concurrençables grâce à ses marques installées depuis des décennies. Comme la publicité pour l’alcool est généralement limitée ou interdite, il devient presque impossible pour un nouvel entrant de modifier les habitudes des consommateurs. Ce qui, à l’origine, semblait être une contrainte réglementaire se transforme au fil du temps en avantage économique. Pernod Ricard vend aussi de l’alcool au prix le plus élevé que les consommateurs sont prêts à payer et ça imprime des cash-flows depuis des décennies, sans dilution.
Voilà, c’est ma thèse sur Pernod Ricard: une entreprise leader qui profite de l'inertie culturelle. Si un la consommation baisse vraiment, c' est juste parce qu’on empêche les gens de boire avant de conduire. Ça fait 40 ans que les États essayent d’obtenir la sobriété par le code de la route.Mais la voiture n’est plus vraiment l’avenir : villes denses, Uberization, conduite autonome, restrictions de circulation, etc. Autrement dit : l’objectif de santé publique qui restreignait le marché des spiritueux est lui-même en train de reculer, alors je ne pense pas que la mega tendance de la fin de la consomation d' alcool depuis 1960 soit eternelle...
les boissons de Ricard font parties de l’équation sociale depuis des millénaires : célébrations, fêtes, rites, moments familiaux, et même prestige social. Les États peuvent encadrer, taxer, parfois moraliser, mais ils n’ont jamais réussi à remplacer le rôle culturel du verre partagé. et Le groupe est le numéro 2 mondial des spiritueux premium. On trouve dans ses bouteilles : Martell, Jameson, Chivas, The Glenlivet, Perrier-Jouët, et évidemment Ricard. Ce portefeuille ne dépend pas d’une seule mode, et chaque région du monde a sa propre boisson prestigieuse. Ce n’est pas du marketing global standardisé. C’est un ETF de multiples dominations locales.
Un avantage simple
Le véritable atout de Pernod, ce n’est pas le produit en lui-même, c’est d’avoir compris que le prestige varie selon les pays . Sauf le champagne, dont ricard profite aussi, le premium n’existe pas "en général" : Il existe par culture locale.
– En Chine, la valeur est dans le cognac. Martell est installé depuis longtemps.
– Aux États-Unis, l’argent va dans le whisky et la tequila.
– En Inde, on “monte en gamme”, mais pas en folie
– Dans le travel retail, c’est du symbole portable : on achète quelque chose qui montre qu’on a voyagé, pas qu’on sait boire.
Ce positionnement, une fois ancré, ne se remplace pas par une “nouvelle marque tendance”. Il faut des décennies, de tradition, de distribution, de crédibilité locale, et surtout… l’aval des douanes de chaque pays. Bref : personne ne peut accélérer pour rattraper.
Pourquoi Ricard n' est pas cher ... pour le moment
Simple: la Chine bloque, les États-Unis digèrent, et l’Inde boit plus mais pas assez cher... alors Le chiffre d’affaires recule, mais légèrement! finalement avec tout les problemes, le CA n' est pas si impacté que cela. pour l' instant le mix actuel est défavorable : moins de cognac en Chine, et les distributeurs américains écoulent leurs stocks avant de recommander. C’est désagréable dans les comptes à court terme, ce sont les marchés premium qui ralentissent, pas la demande globale de spiritueux.
Malgré cette situation, la marge et le cash-flow montent. Les coûts sont maîtrisés, et le portefeuille reste suffisamment haut de gamme pour continuer à imprimer du cash même en période si molle. On voit rarement un business où le chiffre d’affaires baisse et le cash-flow augmente... ce qui nous amene a une conclusion simple, si tout va si mal chez ricard, et bien on fait en l'état de 6% de dividende...
Alors raisonnons sur une hypothèse raisonnable pour les cinq prochaines années: Nous avons un FCF par action d’environ 5,5 €. La question n’est pas de savoir s’il va exploser. La question est juste de savoir si le cash va croître lentement, ou lentement mais un peu mieux.
Mes trois scénarios :
Scénario | Hypothèse | FCF par action dans 5 ans |
|---|---|---|
Pessimiste | Chine molle, US plat, reprise lente | ~ 6,1 € |
Réaliste | Reprise progressive, Inde moteur | ~ 7,0 € |
Optimiste | Chine rouvre vraiment, mix premium relancé | ~ 8,1 € |
du coup vers 2030-31 si le rendement FCF revient autour de 4 %, alors la valorisation théorique dans 5 ans est :
Scénario | Prix théorique |
|---|---|
Pessimiste | ~ 152 € |
Réaliste | ~ 175 € |
Optimiste | ~ 202 € |
si je me trompe, je gagne entre 3% et 6% du dividende, si j' ai un peu raison je fais x2 en 5 ans.
Conclusion
Pernod Ricard est une licorne, avec de l’hypercroissance et des promesses... évidement que non! c’est une action raisonnablement au bon prix, pour quelqu’un qui aime être payé tous les ans un rendement sympa, avec un perspective de x2 si on a un peu de chance. On est alors payé à attendre que la Chine se détende, que les Américains aient vidé leur stock et que l’Inde, petit à petit, se mette à boire comme un pays riche. C’est lent, ce n' est pas certain, mais c’est rentable en l' etat alors pourquoi s'en priver.