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KHCXNGS:KHCThe Kraft Heinz Company

Heinz, enfin la scission!

Mathieu_SnobolMathieu_Snobol
29 septembre 2025241

En septembre 2025, Kraft Heinz a annoncé une scission majeure, prévue pour fin 2026, visant à séparer ses activités en deux entités cotées distinctes : Global Taste Elevation Co. (sauces et condiments, ~15,4 milliards de dollars de ventes) et North American Grocery Co. (épicerie nord-américaine, ~10 milliards de dollars). Cette décision, qui inverse partiellement la fusion de 2015 entre Kraft Foods et H.J. Heinz, pourrait redéfinir l’avenir de l’entreprise.

Ma thèse est que cette scission est une opportunité stratégique, car la division sauces et condiments est une pépite, le Ketchup heinz étant l' équivalent de Nutella ou coca-cola pour les sauces!

Kraft Heinz est la multinationale américaine du secteur agroalimentaire formée en 2015 par la fusion de Kraft Foods et H.J. Heinz (le fameux ketchup). Son cœur de métier est la production et la commercialisation de produits alimentaires emballés, axée sur les condiments, sauces, fromages, repas prêts à consommer, viandes transformées et boissons. L'entreprise opère dans huit plateformes consommateurs : élévation du goût (sauces et condiments), repas faciles, en-cas substantiels, desserts, hydratation, fromages, café et viandes. Parmi ses marques emblématiques figurent Heinz Ketchup, Philadelphia, Kraft Mac & Cheese, Oscar Mayer, Lunchables, Velveeta et Capri Sun. En 2024, Kraft Heinz a réalisé un chiffre d'affaires de 25,85 milliards de dollars, avec environ 85 % des ventes via la grande distribution et une présence dans plus de 190 pays, dont 20 % en marchés émergents.


Actuellement, l'entreprise prépare donc une  scission en deux entités distinctes d'ici fin 2026 : une focalisée sur les sauces et condiments et l'autre sur les produits d'épicerie:

  • Global Taste Elevation Co. : Cette entité regroupera les marques phares comme Heinz Ketchup (60 % de part de marché aux États-Unis), Philadelphia et Kraft Mac & Cheese. Avec une croissance organique prévue de 3-5 % en 2025, tirée par les marchés émergents (+8 % de croissance), elle capitalise sur la résilience des condiments, perçus comme des compléments alimentaires plutôt que des produits ultra-transformés. Les analystes (Morgan Stanley, septembre 2025) estiment un multiple EV/EBITDA de 12-14x pour cette division, contre 11x pour Kraft Heinz actuellement, (mais je ne vois pas pourquoi cela ne monterait pas vers les x20, un minimum pour des produits qui ont une loyaute legendaire de leurs clients.)

  • North American Grocery Co. : Incluant Oscar Mayer, Lunchables et Kraft Singles, cette entité est plus exposée aux défis du marché nord-américain, où les ventes organiques ont chuté de 4,7 % au T1 2025. La demande pour des aliments bio et moins transformés pèse lourdement (-15 % pour Lunchables en 2025). Sa valorisation, estimée à 8-10x l’EBITDA, est inférieure, mais la clarté stratégique pourrait attirer des investisseurs axés sur les flux de trésorerie stables.



Mon objectif est de conserver seulement la partie Global Taste Elevation Co. au long terme car...Le MOAT!
Kraft Heinz dispose d'un avantage concurrentiel durable : Le goût spécifique de ses marques iconiques et sa puissance de distribution. Les clients choisissent ses produits pour leur reconnaissance de marque et par préference (ex. : Heinz domine 60 % du marché du ketchup aux États-Unis grâce à sa qualité perçue et son héritage centenaire).

Pourquoi les sauces et condiments sont un atout résilient
Ma thèse long terme repose sur la résilience des sauces et condiments face aux changements des préférences des consommateurs, un argument soutenu par plusieurs facteurs :

  • Demande stable et universelle : Les condiments, comme le ketchup Heinz, sont des produits de base utilisés dans la restauration, à domicile et en foodservice. Le marché global des sauces, estimé à 150 milliards de dollars d’ici 2030 (CAGR 4-5 %, Statista 2024), connaît une croissance robuste, notamment dans les sauces dipping (+35 % CAGR). Des innovations comme le Heinz Flavor Tour (saveurs internationales) captent les tendances de premiumisation et de diversité culinaire.

  • Adaptation aux attentes santé : Kraft Heinz reformule ses produits pour répondre aux demandes de « clean label » (-30 % de sucre dans certaines sauces, suppression des colorants artificiels d’ici 2027). Cela renforce la perception des condiments comme moins problématiques que les plats industriels, souvent critiqués pour leurs additifs (ex. : Lunchables, sous pression réglementaire en 2025).

  • Forte croissance dans les émergents : Les marchés émergents, représentant 20 % du chiffre d’affaires, affichent une croissance de 8 % prévue en 2025. Heinz domine en Asie pour le ketchup, bénéficiant d’une image de marque puissante et d’un réseau de distribution étendu.


En revanche, les plats industriels (Kraft Mac & Cheese, Oscar Mayer) subissent un déclin structurel en Amérique du Nord, où les consommateurs se tournent vers des alternatives bio (ex. : Annie’s, +10 % de croissance) ou des marques de distributeurs (ex. : Walmart Great Value). Les campagnes santé, comme celles de Robert F. Kennedy Jr. contre les additifs en 2025, accentuent cette pression. La scission isole ainsi la division sauces des vents contraires affectant l’épicerie.

Le management
Le leadership de Kraft Heinz, dirigé par le CEO Carlos Abrams-Rivera (en poste depuis décembre 2023, ancien président de la zone Amérique du Nord depuis 2021), semble intègre et transparent, sans scandales majeurs récents vérifiés via les rapports annuels et profils publics. Abrams-Rivera, ingénieur de formation avec 20 ans chez Unilever et Procter & Gamble, met l'accent sur l'innovation et l'efficacité (ex. : Brand Growth System pour booster les marques). Le CFO Andre Maciel (depuis 2020, ex-Unilever) gère une réduction de la dette via des flux de trésorerie solides. Les dirigeants gèrent l'entreprise dans l'intérêt des actionnaires via une alignement des intérêts : Abrams-Rivera détient 0,037 % des actions (valeur ~12 millions de dollars), avec une rémunération liée à 87,8 % aux performances (stock options et bonus). Cela motive la création de valeur, comme vu dans les rachats d'actions (1,7 milliard de dollars restants en 2025). Ils allouent le capital judicieusement : réinvestissement en marketing (+15 % en 2025), CAPEX modéré (efficacité opérationnelle à 70 %), et dividendes stables (rendement ~4,5 %).

un avis sur le bilan
Le bilan de Kraft Heinz est solide en termes de génération de cash mais affaibli par une dette élevée et une croissance faible. Le ROIC (Return on Invested Capital) est estimé à environ 5-6 % (basé sur des données 2024-2025, sous la moyenne sectorielle de 8-10 %, reflétant une allocation inégale du capital post-fusion).Les marges sont résilientes pour le secteur: marge brute ajustée à 35 % en 2024. La croissance du chiffre d'affaires est négative en entendant la scission: -3 % en 2024. Le Free Cash Flow (FCF) est un point fort : 3,2 milliards en 2024. Globalement, le bilan montre une amélioration de la liquidité, mais la dette et la stagnation des ventes sont un soucis depuis la fusion avec kraft. la scission pourrait optimiser cela en isolant les segments à forte marge!

Perspectives de croissance
Kraft Heinz opère dans un environnement mixte, influencé par des tendances comme la santé (demande pour produits sans additifs, +35 % CAGR pour sauces dipping globales), la durabilité (emballages 100 % recyclables d'ici 2025) et la premiumisation (saveurs internationales). La demande pour ses produits reste stable pour les staples (ketchup, fromages), mais décline pour les transformés (Lunchables -15 % ventes US en 2025) face à l'inflation et aux alternatives saines. Le TAM (Total Addressable Market) pour les condiments/sauces est estimé à ~150 milliards de dollars globalement d'ici 2030 (source IA) avec une croissance de 4-5 % CAGR. Kraft Heinz peut gagner des parts via sa scission avec un focus sur sauces à haute croissance. la dépendance à l'Amérique du Nord (70 % CA) limite le potentiel si les volumes ne rebondissent pas avec de la croissance en pays émergents d'ici 2027.

Malgré son potentiel, la scission comporte des risques significatifs :

  • Coûts de la séparation : Kraft Heinz estime les coûts de la scission à environ 300 millions de dollars (dis-synergies, restructuration), ce qui pourrait peser sur les marges à court terme, particulièrement pour l’entité épicerie, moins rentable (marge brute ~30 % vs. 40 % pour les sauces).

  • Exécution de la scission : L’allocation de la dette (20,9 milliards de dollars) reste un point d’interrogation. Une répartition inégale pourrait affaiblir l’une des entités, notamment l’épicerie, déjà vulnérable. Le départ de Berkshire Hathaway (27,5 % du capital) du conseil en 2025 soulève des doutes sur la confiance dans l’exécution.

  • Concurrence dans les sauces : Bien que Heinz domine Avec un budget R&D limité (147 millions de dollars en 2023, contre 2 milliards pour Nestlé), Kraft Heinz pourrait perdre du terrain.



Valorisation et conclusion personnelle
À ~26 dollars par action (fin septembre 2025), Kraft Heinz semble laisser esperer un rendement de 8% avant scission, avec un target moyen à 30 dollars sans marge de securité. j'attends un rendement de 6-8% annuel sur 2 ans (dividende 4,5 % + appréciation), et ensuite je conserve les sauce Heinz uniquement avec un rendement attendu de 8-12%, nous verrons dans 2 ans pour le calcul... Horizon d'investissement : 3-5 ans our commencer, puis toute la vie si possible sur les sauces car peu de risque long terme.



Conclusion : Une opportunité à surveiller.
La scission de Kraft Heinz est la réponse que j' attendais suite aux défis structurels du secteur agroalimentaire. En isolant la division sauces et condiments, cela me rappelle le recentrage de COCA-COLA au milieu des 80s, c' est la partie du business la plus résiliente et à fort potentiel, en separant l’épicerie nord-américaine en difficulté, l’entreprise pourrait débloquer une valeur significative pour les actionnaires au long terme. Les investisseurs devraient surveiller l’exécution de la scission, les détails de l’allocation de la dette et les investissements en innovation. Si ces éléments sont bien gérés, le futur Heinz Global Taste Elevation Co. pourrait offrir un rendement annuel de 10-12%, combinant dividendes et appréciation du cours.

Gestion des biais
Les arguments contre mon opinion incluent : la persistance du déclin volumes en Amérique du Nord; l'exécution risquée de la scission (coûts, et allocation des ~20 milliards de dette) ; la dépendance Berkshire (27,5 %, avec des critiques de Buffett sur la sous-performance et le retrait du conseil qui autorise Berkshire a vendre...ce départ n'est pas un "vote de défiance" formel, mais reflète la frustration de Berkshire face aux échecs de la fusion et une volonté de se recentrer sur un rôle d'actionnaire passif. Buffett, qui a qualifié l'opération de "rare erreur", semble prêt à tourner la page, alors que Kraft Heinz mise sur la scission pour relancer sa croissance.); Il y aussi un possible excès d'optimisme sur émergents de ma part (seulement 20 % CA,et vulnérables risque de change). Mais après relecture, la thèse me semble conservatrice,

Mise en garde : Cette analyse reflète mon opinion personnelle et ne constitue pas un conseil financier professionnel. Effectuez vos propres recherches et consultez un conseiller financier avant de prendre des décisions d’investissement.

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Commentaires (1)

TThéo6811 mars 2026

Que penses tu désormais de l'entreprise maintenant que la scission est annulée ?

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Dernière mise à jour : 29 septembre 2025