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Getlink SE (anciennement Eurotunnel)

Mathieu_SnobolMathieu_Snobol
29 août 202520

Présentation de l’entreprise
Getlink (anciennement Eurotunnel) exploite et développe le tunnel sous la Manche, infrastructure stratégique reliant la France et le Royaume-Uni.
Activités principales :

  • Navettes ferroviaires pour passagers et véhicules (LeShuttle, LeShuttle Freight).

  • Europorte, fret ferroviaire en France et en Europe.

  • ElecLink, interconnexion électrique France–UK (1 GW).

  • Services digitaux et logistiques (Sherpass, programmes de fidélité).

Son modèle repose sur des flux récurrents, une position dominante et une infrastructure unique.

Avantage compétitif (MOAT) et analyse de la concurrence

  • Concession jusqu’en 2086 → barrière quasi-infranchissable.

  • Monopole naturel : aucune infrastructure équivalente possible.

  • Substitution : concurrents directs = ferries, indirects = aviation low-cost.

👉 Dans un scénario où le trafic aérien est taxé davantage (carbone, kérosène) et/ou rendu plus coûteux par la rareté du pétrole :

  • Le tunnel bénéficie d’un effet d’arbitrage : plus attractif que l’avion pour les passagers (rapide, moins cher, plus « vert »).

  • La compétitivité des ferries pourrait aussi être réduite, car très dépendants du fuel.

  • Résultat : renforcement du moat, car Getlink combine vitesse, fiabilité et avantage environnemental.

Cet avantage est durable à long terme, surtout si l’UE pousse vers une politique de décarbonation forcée du transport.

Le management

  • Gouvernance solide (Jacques Gounon, Président – Yann Leriche, DG).

  • Allocation du capital équilibrée : dividendes progressifs, réinvestissements (ElecLink, modernisation Shuttle), dette gérée mais encore lourde.

  • Transparence renforcée, engagements ESG crédibles (réduction GES, alignement Taxonomie UE).

  • Dans ce contexte de transition énergétique, le management semble pragmatique et visionnaire : se positionner comme alternative écologique face aux ferries et à l’aérien.



Le bilan

  • ROIC ≈ 8 % → légèrement créateur de valeur.

  • Marge nette ≈ 20 % → solide.

  • Dette élevée (~7-8x FCF) mais soutenable compte tenu de la régularité des flux.

  • CAPEX structurels mais nécessaires pour maintenir l’infrastructure en sécurité et compétitive.

  • Croissance modérée sur le cœur de métier, mais relais via ElecLink et la hausse attendue du trafic passagers/fret dans un monde post-carbone.

En cas de raréfaction du pétrole ou taxation accrue du kérosène, le pricing power de Getlink pourrait s’améliorer : davantage de demande, sans nécessité d’investissements proportionnels massifs.

Perspectives de croissance

  • Court terme (2–5 ans) : reprise soutenue du trafic post-Brexit et post-Covid, montée en charge d’ElecLink.

  • Moyen terme (5–10 ans) :

    • Si taxation carbone accrue sur l’aérien → report d’une partie du trafic passagers UK-UE vers le rail.

    • Si raréfaction du pétrole → hausse durable des coûts ferry/avion, renforçant la compétitivité du tunnel.

    • Développement des services logistiques numériques → capture de valeur additionnelle.

  • Taille maximale du marché : limitée au corridor transmanche, mais l’arbitrage énergétique peut agrandir la part de marché adressable (plus de flux captés depuis l’avion et le ferry).



Catalyseurs & Risques
Catalyseurs

  • Hausse des taxes carbone sur le transport aérien/ferries.

  • Hausse structurelle du prix du pétrole → avantage comparatif accru.

  • Électrification et pression ESG → attractivité renforcée du rail.

  • Croissance du e-commerce et besoin de logistique rapide.

Risques

  • Macro & Brexit : baisse durable du commerce UK–UE.

  • Risque financier : dette élevée, hausse des taux.

  • Risque politique : régulation des tarifs, contraintes de sécurité.

  • Rareté du pétrole : si trop brutale, pourrait aussi freiner la demande globale de transport, même ferroviaire.



Valorisation et conclusion personnelle

  • Valorisation actuelle (P/E ~18–20, EV/EBITDA ~9) → correcte mais pas donnée.

  • Dans un scénario classique, rendement attendu 6–8 %/an (dividendes + croissance modeste).

  • Avec taxation accrue du transport aérien/pétrole cher, potentiel de rerating (marge de croissance supérieure, plus forte demande).

  • Horizon d’investissement : 10–15 ans.

  • Intérêt : valeur défensive, moat unique, bénéficiaire des mégatendances de décarbonation.

👉 Conclusion personnelle : Getlink est déjà une valeur solide et résiliente. Si le trafic aérien est effectivement pénalisé par la fiscalité carbone ou la raréfaction pétrolière, le titre pourrait devenir un gagnant structurel de la transition énergétique. Dans ce cas, mon objectif de rendement passe de 6–8 % à 8–10 %/an sur longue durée, avec potentiel de réévaluation boursière.

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Dernière mise à jour : 8 juillet 2026