ADYEN QUE POURRA
Je vous présente ici ma toute première « thèse d’investissement » sur la société :
Adyen NV, une fintech néerlandaise fondée en 2006, acteur majeur dans le domaine des solutions de paiement. Elle s'est imposée grâce à sa plateforme intégrée gérant l'ensemble de la chaîne de valeur du paiement.
Le nom "Adyen" signifie "recommencer" en Surinamais. Il incarne parfaitement l'esprit des fondateurs, Pieter van der Does (toujours CEO à ce jour) et Arnout Schuijff.
Depuis ses plus hauts en bourse elle a chuté de 59%. Opportunité ou non ?

I. Présentation et historique de l’entreprise
Fondée en 2006 par Pieter van der Does et Arnout Schuijff, Adyen a été créée pour simplifier les paiements numériques des commerçants internationaux. Issue des Pays-Bas, la société est passée de paiements en ligne de niche à une solution de commerce unifiée et complète, évitant les grandes crises mais faisant face à une forte concurrence et à la volatilité du secteur. Aujourd’hui, elle se positionne comme le “moteur invisible” des paiements multicanaux pour les entreprises.
Mais comment Adyen génère ses revenus ?
II. Le modèle économique
1. Business model
Elle propose une solution "tout en un", intégrant toute la chaîne de valeur de la transaction tant pour les paiements physiques qu'en ligne et mobiles.
Son business model repose sur des prélèvements de frais de traitement, ou « take rate », sur le volume total de transactions traitées (TPV). Le CAGR du TPV est impressionnant sur 10 ans : 45,76%.

En plus de cette activité qui représente le gros du chiffre d’affaires, Adyen vend aussi des terminaux de paiement pour les clients ayant des commerces physiques, elle propose des services de gestion de risque, d’identification dynamique par IA.
Son expansion en Amérique latine et en Asie devrait booster les revenus.
Concrètement :
Elle permet aux entreprises d’accepter des paiements partout avec une seule plateforme.

2. Structure des coûts
Coûts fixes : R&D de la plateforme, personnel (notamment développement des hubs technologiques à Madrid, Bengaluru et aux États-Unis).
Coûts variables : Liés aux transactions (interchange, frais de réseaux), mais l’automatisation élevée permet un fort effet de levier opérationnel.
Marge brute : 78,33 % (2025)
Marge opérationnelle : 41,53 % (2025)
Marge EBITDA : 52,69 %

III. Analyse fondamentale
1. Avantage concurrentiel (Moat)
Forces:
Un des principaux atouts d'Adyen est sa culture d'entreprise, incarnée par "la Formule Adyen". Cette philosophie d'entreprise n'est pas une simple formule marketing, mais une véritable idéologie ancrée dans l'ADN de la société, à l'image du célèbre "it's always day 1" d'Amazon.

Le principal avantage d’Adyen réside dans sa plateforme technologique unifiée (Plateforme full-stack), développée en interne, contrairement à ses concurrents qui empilent des systèmes issus d’acquisitions. Avoir moins d’intermédiaires permet d’optimiser les marges (53% de marge EBITDA).
Cette architecture permet une meilleure performance (notamment sur le taux d’autorisation) et une grande flexibilité pour intégrer de nouveaux moyens de paiement.
Les coûts de switching sont élevés : un changement implique des risques opérationnels importants, ce qui favorise la rétention client.
Le pricing power de Adyen est atypique dans l’industrie des paiements. Son modèle repose sur une tarification où les coûts externes (réseaux comme Visa et Mastercard) sont refacturés de manière transparente, tandis que la marge d’Adyen reste relativement faible mais stable. Cela induit un take rate inférieur à celui de nombreux concurrents, mais compensé par des volumes très importants et une forte efficacité opérationnelle. En pratique, cela permet à l’entreprise de maintenir des marges élevées sans augmenter significativement ses prix.
Mais concrètement pourquoi choisir Adyen au lieu de Paypal ou Stripe ?
L’avantage de rester client d’Adyen, comparé à des acteurs comme Stripe ou PayPal, repose principalement sur la performance et l’intégration de sa plateforme. Adyen propose une infrastructure unifiée qui regroupe paiements en ligne, en magasin et analyse des données, ce qui réduit la complexité opérationnelle pour les grandes entreprises. Quitter Adyen implique non seulement des coûts techniques importants (réintégration, tests, gestion du risque), mais aussi un risque direct de baisse du taux d’acceptation des paiements, pouvant entraîner une perte de revenus. Contrairement à Stripe, qui se distingue par sa simplicité d’intégration, ou PayPal, qui offre un avantage via son wallet et sa base d’utilisateurs, Adyen crée un avantage durable par la profondeur de son intégration et l’optimisation continue des performances.
Faiblesses :
Avec le temps, la base clients s’est diversifiée, réduisant la dépendance à quelques grands comptes et améliorant la résilience du modèle.
Contrairement à des concurrents comme Stripe ou PayPal, Adyen n'est pas conçu pour être adopté facilement par les petites entreprises en direct.
La valorisation reste encore exigeante.


Risques :
L’entreprise est exposée à une forte volatilité boursière (bêta élevé), tout en subissant une pression sur ses marges liée à son expansion et à la concurrence accrue, notamment de Stripe. Elle fait également face à des risques réglementaires et technologiques susceptibles d’impacter son activité.
IV. Analyse quantitative

Points clés :
Adyen présente des qualités financières exceptionnelles, avec très peu de dettes, des marges stables et un ROE élevé (~22%)
Son chiffre d’affaires et ses bénéfices sont en forte croissance, parmi les meilleurs du secteur.
Les marges sont solides, mais le FCF 2025 affiche un recul notable, probablement lié à l’accélération des investissements et des dépenses d’investissement.
Le bilan d’Adyen reste sain mais à surveiller.
V. Valorisation

Pour le calcul du prix juste de Adyen, j’ai privilégié le BPA, en prenant un taux de croissance conservateur de 15%/an et un PE de 25,5 j’obtiens un prix juste autour des 980 euros sans marge de sécurité notable.

VI. Conclusion
Adyen est bien positionnée pour une croissance à long terme grâce à son innovation technologique, son expansion géographique et ses produits financiers intégrés. Cependant, les défis à court terme, notamment la concurrence et la volatilité, nécessitent une exécution rigoureuse.
La baisse du FCF 2025 et la correction de prix reflètent des difficultés temporaires, mais la valorisation DCF indique un potentiel de revalorisation important si le management maintient une croissance annuelle supérieure à 20 %. Adyen doit prouver sa capacité à maintenir une forte croissance alors que la concurrence s’intensifie.
Jeudi dernier la direction d’Adyen a annoncé l’acquisition de la société Talon.One.
Cette acquisition permet d’aller au-delà du paiement et optimiser toute les transaction (pricing,conversion,promotions..) afin de capter le plus de revenus par client et renforcer sa plateforme unifiée. En effet Talon.One vend une plateforme Saas aux entreprises pour gérer leurs promotions, programme de fidélité généralement via des abonnements, sa valeur repose sur le fait d’aider les clients à augmenter leurs revenus.
En résumé Adyen présente une forte croissance, une qualité de business excellente, une scalabilité énorme, elle se positionne comme un leader technologique mais elle est dépendante des cycles économiques de ses clients et son MOAT peut être remis en question par ses principaux concurrents.
ADYEN QUE POURRA si j’ose dire !
Ce que j’aime :
Plateforme propriétaire et unifiée
Les marges et le ROIC d’Adyen, mais l’entreprise se négocie avec une prime.
Clientèle de premier plan.
Business compréhensible avec des revenus récurrents & prévisibles, plus ses clients grossissent, plus Adyen gagne d’argent.
Sources :
Baggr.fr // Adyen.com // Bourseko.com // Investing.com // Talon.one