
Krach Boursier : Pourquoi je garde 50% en Cash !
Comment se protéger d'un krach boursier (et bien rémunérer son cash)
Les temps sont incertains : guerre en Iran, cours du pétrole élevé, marchés dans le flou. À l'heure où j'écris, le S&P 500 n'a reculé que d'environ 5 % — on ne peut donc pas encore parler de krach (il faut généralement au moins 15 % de baisse). Mais la question se pose : que faire en préparation d'un éventuel krach ? Quelles bonnes pratiques, et que fais-je personnellement ?
Il n'y a pas de « bonne » réponse universelle
La bonne réponse dépend de chacun : c'est probablement ce qui vous permet de dormir la nuit et de rester investi. Car l'essentiel n'est pas votre performance à court terme, mais combien de temps vous restez investi. Rester investi 2 ans ne sert à rien : il faut viser 10, 20, voire 30 ans pour voir les effets des intérêts composés.
Ce qui distingue un bon investisseur de celui qui abandonne : le second vend quand ça devient compliqué, le premier en profite pour acheter en solde quand tout le monde a peur. Voici ma stratégie, en trois règles.
Règle 1 : je ne vends rien
C'est fondamental. Ma stratégie a toujours été de détenir des actions de qualité le plus longtemps possible pour laisser les intérêts composés travailler. Plus vous détenez longtemps un actif de qualité, plus il rapporte.
Je ne suis pas partisan de la prise de profit : il faut laisser courir ses gagnants. Entre les deux écoles (couper ses gagnants en plus-value vs les laisser courir), je suis de la seconde. Mieux vaut « arroser les fleurs et couper les mauvaises herbes » que l'inverse. Couper une position en plus-value pour renforcer une position en moins-value, c'est précisément couper les fleurs pour arroser les mauvaises herbes.
Quant à sortir totalement des marchés, c'est pour moi la pire erreur. Comme le disait John Bogle : « Time in the market beats timing the market. » N'essayez pas d'anticiper le marché — restez-y investi le plus longtemps possible.
Règle 2 : je continue ma DCA
Je continue à investir tous les mois. Au sens strict, la DCA consiste à investir toujours le même montant, sur le même support, au même intervalle. Ce n'est pas exactement ce que je fais : je n'achète pas d'ETF mais des actions individuelles, en choisissant chaque mois la meilleure opportunité de ma watchlist de qualité.
En avril, par exemple, j'ai acheté Amazon. En mai, je prévois Meta si le prix reste cohérent — idéalement un point d'entrée autour de 500-550 $.
Règle 3 : cash is king
Investir tous les mois ne signifie pas investir 100 % de mon cash-flow en actions. J'investis via ma holding et j'ai besoin de conserver de la trésorerie, mais aussi de pouvoir saisir des opportunités en cas de baisse. Sur l'ensemble de mon patrimoine, je suis aujourd'hui à environ 40-50 % en cash, ce qui est conséquent.
Ce cash a deux utilités : la trésorerie de mes deux sociétés, et un fonds stratégique déployable en cas de krach. Et ce n'est pas de l'argent perdu : il me rapporte du rendement.
De façon générale, garder du cash a du sens pour trois objectifs, chacun devant avoir un support dédié qui le rémunère (ne laissez jamais votre cash sur un compte courant non rémunéré) :
L'épargne de précaution (indispensable, le pilier de tout investisseur) : 3 à 6 mois de dépenses courantes.
Un projet long terme (apport immobilier, par exemple).
Un fonds stratégique (~10 % de ce que vous avez en bourse) pour déployer massivement en période de forte baisse.
Où rémunérer son cash ?
Les livrets (Livret A, LDDS)
Avantages : ~1,5 % net d'impôts et une liquidité parfaite (retrait instantané). Inconvénients : plafonnés, réservés aux particuliers, uniquement en euros. Idéal pour l'épargne de précaution. Personnellement, je n'y garde qu'environ 3 000 € (1 à 2 mois de dépenses), car j'ai beaucoup de cash sur mes sociétés et je me verse mon propre salaire.
Les assurances-vie
Avantages : ~2 à 3 % de rendement brut sur les fonds euros, plus les avantages fiscaux. Inconvénients : retraits très longs (jusqu'à trois semaines), frais de gestion, paperasse. Idéal pour un projet moyen-long terme, mais à bannir pour l'épargne de précaution (liquidité trop lente). Personnellement, je n'en utilise pas.
Les comptes à terme, PEL, PER
Hors catégorie pour moi : si je dois bloquer mon argent, autant l'investir ; si je garde du cash, je le veux liquide. Ces enveloppes n'ont pas d'intérêt pour mon profil.
Interactive Brokers
Avantage : directement disponible sur le broker, donc rapide à déployer (on peut même se constituer un fonds stratégique custom avec des T-Bills américains ou des fonds obligataires). Inconvénients : taux faibles (~1,46 % brut sur l'euro, avant flat tax), et surtout les 10 000 premiers euros ne sont pas rémunérés. J'y loge tous mes comptes (PEA, compte-titres, compte pro) mais je n'y laisse pas de cash.
Spico (ma solution principale)
C'est, pour moi, la meilleure solution pour placer son cash, que j'utilise pour presque tous mes comptes :
Les meilleurs taux du marché : 2,2 % brut sur l'euro (proche du taux de la banque centrale), et en multidevise : ~4 % sur le dollar, ~4 % sur la livre, ~0,10 % sur le franc suisse.
Liquidité exemplaire : retrait à J+0 (virement dans la journée si demandé avant 12h30 et sous 100 000 € pour les pros), sinon J+1.
Disponible pour les particuliers et les entreprises : compte personnel (apport résidence principale…) et compte professionnel (trésorerie).
Idéal pour l'épargne de précaution, les projets, les fonds stratégiques et la trésorerie d'entreprise. Personnellement, je m'en sers pour tout, sauf mon épargne de précaution (qui reste sur mon Livret A pour la liquidité instantanée).
Comment fonctionne le rendement Spico ? Deux options. Les fonds monétaires souverains (« bons du trésor »), à ~1,7 %, composés uniquement de bons du trésor court terme (banque dépositaire : Crédit Agricole). Et le Smart Cash (fonds Spico Euro, celui que j'utilise), légèrement plus rémunérateur à 2,2 %, via un mécanisme de total return swap : le fonds acquiert des actions dont il reverse la performance à une banque, laquelle verse en retour un rendement quotidien garanti — le tout sans volatilité. La contrepartie est BNP Paribas, la société de gestion Amundi, le dépositaire Crédit Agricole. C'est la même mécanique que celle des ETF synthétiques. Plus frileux ? Le fonds euro en bons du trésor court terme (1,7 %) est plus « bon père de famille », sans contrat swap.
En résumé
Face à une crise, mon avis : ne vendez rien, restez investi. Je continue à investir tous les mois en cherchant le meilleur ratio qualité-prix, et je garde beaucoup de cash (~40-50 % de mon patrimoine). Pour ce cash, deux supports : le Livret A pour l'épargne de précaution, et Spico pour tout le reste — imbattable en taux et en flexibilité.
Et vous, quelles stratégies mettez-vous en place pour rémunérer votre cash et traverser les périodes incertaines ?
Ceci n'est pas un conseil en investissement. Faites vos propres recherches avant toute décision.