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Arrêtez d’Acheter ces Actions Françaises ! (PEA)

Arrêtez d’Acheter ces Actions Françaises ! (PEA)

Hugo - IQ InvestHugo - IQ Invest
5 avril 202600


4 actions françaises que je trouve totalement surcotées (et le ratio pour le prouver)

Aujourd'hui, on parle de quatre entreprises françaises que je considère totalement surcotées — des boîtes dont j'ai l'impression d'entendre parler en permanence et sur lesquelles on me demande souvent mon avis, alors que pour moi la réponse est évidente. Restez jusqu'à la fin : je partage un ratio en particulier qui pourrait grandement vous aider dans vos analyses.

Schneider Electric : je ne comprends pas la hype

Je ne comprends pas l'engouement autour de cette boîte. Je la vois passer partout, et beaucoup me disent l'avoir achetée récemment.

Le business model est sympa (top 3 mondial des équipements électriques), et il y a tout un narratif autour des data centers. Mais Schneider n'est pas unique : ses concurrents principaux sont Siemens (Allemagne) et Eaton (US). C'est une belle boîte sur le papier — mais ce qui me dérange, c'est la dissonance totale entre sa valorisation et sa croissance.

Les chiffres : seulement 4,19 % de croissance du chiffre d'affaires depuis 2016 (ridicule), et 11,46 % de croissance des EPS sur 10 ans — mais cette dernière vient surtout du doublement de la marge nette (de 5 % à 10 %). Or, depuis 2022, les marges stagnent, et je ne vois pas comment Schneider pourrait encore doubler ses marges dans les 10 prochaines années.

C'est une belle boîte, avec une croissance et des retours sur capitaux corrects sans être incroyables (ROIC de 11,37 %, dans la moyenne basse des entreprises de qualité — un très bon ROIC dépasse 15 %). C'est avant tout un fleuron national, et je pense que beaucoup s'y intéressent surtout parce qu'elle est française.

Le problème : un PE de 34 pour une entreprise qui fait ~6 % de croissance, ça n'a aucun sens. Comparaison :

Entreprise

PE

Croissance du CA sur 10 ans

Schneider Electric

34

5,66 %

Apple

31,3

7,57 %

Amazon

28

20,29 %

Google

28

18,09 %

Meta

25

24,66 %

Microsoft

24

13,36 %

Schneider est plus chère que toutes les Magnificent Seven — ce qui est absurde, tant ces dernières sont probablement les plus belles entreprises jamais créées, avec des avantages compétitifs incomparables. Je préfère mille fois acheter Google à 28 de PE (que je trouve pourtant chère) que Schneider à 34.

En simulant un prix juste (24 de PE final, 10 % de croissance des bénéfices — déjà généreux vu l'historique, les analystes tablant sur 17 %/an, ce que je juge irréaliste), j'obtiens 174 €, soit –35 % par rapport au cours actuel (~230 €).

Air Liquide, L'Oréal, Hermès : même famille

Ce n'est pas la seule. D'autres françaises me semblent surcotées :

  • Air Liquide : peut-être la pire, avec un PE de ~28 pour seulement 4,5 % de croissance du CA (et même une décroissance depuis un pic en 2022).

  • L'Oréal : PE de ~30,5 pour 6,54 % de croissance.

  • Hermès : PE de ~42,9 pour 13,3 % de croissance.

Si l'on ne regarde que le PE, Hermès semble la plus chère. Mais on va voir qu'elle est en réalité la moins chère des quatre, grâce à sa croissance bien supérieure.

Mon avis : si Schneider et Air Liquide n'étaient pas françaises et éligibles au PEA, elles seraient probablement inconnues au bataillon. Je parie qu'aucun de leurs actionnaires ne les détiendrait dans ce cas.

Le ratio clé : mettre la valorisation en perspective avec la croissance

La clé, c'est de toujours mettre un ratio de valorisation en perspective avec la croissance et la qualité. On connaît le PEG (PE ÷ croissance des bénéfices) ou le price to free cash flow to growth. Ici, j'ai créé un ratio custom que j'appelle le PE Sales Growth (PESG) : PE ÷ croissance du chiffre d'affaires. Il indique combien de fois, au prix actuel, on paie la croissance du chiffre d'affaires.

L'interprétation (comme pour le PEG) : sous 1, très bonne affaire ; entre 1 et 2, correct ; au-dessus de 2, ça n'a plus de sens. Ce ne sont pas des vérités absolues (il y a toujours des contre-exemples, chaque entreprise se juge au cas par cas), mais un outil supplémentaire.

Exemple pour Air Liquide : 27,99 ÷ 4,5 = 6,22. Le classement par PESG décroissant :

Entreprise

PESG (approx.)

Air Liquide

~6,2

Schneider Electric

> 6

L'Oréal

~4

Apple

~4

Hermès

~3

Microsoft

1,8

Google

1,5

Meta

1,41

Amazon

1,4

Verdict : Meta, Amazon, Google et Microsoft sont les plus intéressantes à acheter aujourd'hui. Hermès apparaît moins chère que Schneider, Air Liquide et L'Oréal malgré son PE plus élevé, grâce à sa croissance. Et Air Liquide comme Schneider n'ont aucun sens à leur valorisation actuelle — elles ne deviendraient intéressantes qu'entre 10 et 15 de PE.

Conclusion : arrêtez de surpayer la croissance juste pour le PEA

Arrêtez de surpayer de la croissance sous prétexte qu'une entreprise française est éligible au PEA : vous perdrez de l'argent à long terme. La clé de l'investissement, c'est toujours le bon compromis entre prix et qualité — la méthode Quality at a Reasonable Price.

Une analogie : dans la vraie vie, vous ne paierez jamais une Clio plus cher qu'une Porsche. Pourtant, en bourse, beaucoup sont prêts à payer Schneider Electric plus cher que Meta — ce qui n'a aucun sens, tant Meta lui est supérieure (marges, retours sur capitaux, croissance, potentiel, avantage compétitif).

Tout cela m'amène d'ailleurs à penser que Meta est décotée aujourd'hui (j'y consacrerai probablement une vidéo). Trop de projecteurs sont braqués sur certaines françaises réputées « de qualité » qui ne le sont pas tant que ça une fois comparées au reste du monde — et qui ne doivent leur popularité qu'à leur cotation française et à l'éligibilité au PEA.

Et vous, qu'en pensez-vous ?


Ceci n'est pas un conseil en investissement. Faites vos propres recherches avant toute décision.

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Dernière mise à jour : 9 juillet 2026